Vitrine

Cela se passe dans un lieu avec une vitrine ou une grande baie vitrée donnant sur la rue.
Les spectateurs sont à l'intérieur et regardent au dehors,
le cadre de la vitrine opère comme un cadre cinématographique, un lieu d'images.
Le public est invité à regarder la rue, à observer la poésie d’un quotidien qui ne peut
se réduire à sa simple fonctionnalité car des milliers d’autres choses s’y racontent
dès qu’on s’arrête pour se décaler de la temporalité de ce va et vient.
La vitrine devient un écran sur le réel, les spectateurs s'engagent à « audio-voir » ce réel.
Par des propositions sonores et performatives nous invitons le public
à observer le dehors et à l’écouter puis petit à petit à décaler la perception de ce quotidien
pour en révéler les usages, les bizarreries et les pratiques anthropologiques spécifiques
à chaque lieu.
Créer une situation pour que le spectateur puisse regarder ce lieu qui va se révéler petit à petit
et l'inviter à sentir les traces que laissent ces passants dans un lieu mais aussi en nous.
Et quelles traces en retours nous y laissons, par nos regards, par les imaginaires
que nous y aurons projeté le temps de la performance.
Extrait de Tentative d’épuisement d’un lieu parisien, Georges Perec.
« Il y a beaucoup de choses place St Sulpice […]
Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites,
inventoriées, photographiées, racontées ou recensées.
Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste :
ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas,
ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien
sinon du temps, des gens des voitures et des nuages »

 
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